L’économie se ralentit toujours. Le tourisme est toujours loin d’avoir repris le niveau de 2008. L’insécurité inquiète le pays. Les citadins se lassent des discours et des manifestations qui ont tant agité les villes. La préoccupation générale est la gestion du quotidien. Loin de l’activité des partis souvent groupusculaires de la capitale, les paysans, (70 % de la population) se préoccupent surtout de l’arrivée d’une vague dévastatrice de criquets.
Des nuages de plusieurs km2 d’insectes affamés remontent du sud, où ils ont dévoré le peu de verdure qui pousse dans cette région sèche où sévit la famine depuis des années. «Même les criquets meurent de faim à Mada, disent les paysans !». Le ministre de l’agriculture signale dans les régions ravagées la recrudescence des cas d’abandon ou de ventes d’enfants par des parents désespérés. Ce qui inquiète les autorités, c’est que les criquets sont aux portes du lac Itasy, à 120 kms à l’Ouest de Tananarive. Ce qui fait dire à certains que tant qu’on mourait en silence dans la brousse du sud, loin de la capitale, ce n’était pas un problème, mais ça le devient quand ces ravageurs affamés s’invitent dans les régions plus riches du centre, voire en ville.