J’ai beaucoup pensé à Katia.
Katia, notre jeune parrainée, qui, elle aussi, de l’autre côté de l’océan, était dans un hôpital.
Katia, elle, a attendu l’intervention urgente quelques semaines supplémentaires ( l’os se nécrosant de jour en jour et risquant l’amputation ) parce que le moteur de la scie médicale était en panne !!
Katia , elle, a beaucoup souffert : elle n’a pas eu de pompe à morphine !
Katia, elle, n’a pas eu de draps blancs propres changés chaque jour …c’est à la famille de les fournir.
Katia, elle, n’a pas vu de repas apporté par le service de restauration . Il a fallu que sa maman apporte tous les jours un bol de riz pour la nourrir.
Katia, elle, continue de souffrir : sa prothèse n’étant pas à la bonne mesure, l’os est « rogné » par les frottements et s’érafle. Ce n’est pas grave dit elle ! elle a UNE PROTHÈSE QUI SAUVE SA JAMBE !
Katia, elle, n’a pas connu le ballet des soins dispensés par des aide soignantes, des infirmières, des internes de garde, chaque jour .. Il n’y en a pas.
Katia elle, n’a pas entendu, chaque jour, chaque nuit, des dizaines et des dizaines de fois, la ronde des ambulances et des hélicoptères qui décollent de leur base en urgence. Des vies et des vies humaines sauvées … en France …
Katia ne sait pas que çà existe ! . A Madagascar, en brousse, les malades sont portés sur un brancard de fortune et acheminés vers l'un des rares centres de soins après de nombreuses heures de marche, parfois des jours.
Voir aussi : Katia a retrouvé ses jambes.

Ah si ! j’oubliais : il y a un avion sanitaire qui part tous les 2 ou 3 jours de Tamatave pour relier l’hôpital de Tananarive, la capitale ! 5 places dans l’avion … c’est bien.
« Mon fils a eu un AVC » nous avait dit Mme Odette. « Il va pouvoir partir par l’avion sanitaire pour des soins qui n’existent pas à Tamatave … et il sera peut être sauvé. » 2 jours plus tard … Prenons des nouvelles… « çà y est il est parti à Tana ton fils ? » « Non, il est décédé, mon fils… ».
L’avion devait attendre, il y avait ENCORE deux places libres dans l’avion sanitaire. Fallait attendre qu’il soit COMPLET. Pas de départ. Pas de sauvetage. La vie ne tient qu’à un fil … ah bon ? Mais le fil est plus ténu ou plus solide selon le pays où l’on nait.
Aujourd’hui , grâce à vous, Katia a retrouvé l’usage de ses jambes et va pouvoir mener une vie normale de jeune fille enthousiaste, car elle l’est enthousiaste !
Nous pouvons être fiers de notre excellent service de soins médicaux en France , protégeons le et remercions l’ensemble du corps médical qui sait, malgré les défaillances possibles, maintenir une médecine performante avec des structures médicales de grande qualité. Ayons aussi de la gratitude pour ces médecins malgaches pratiquant leur métier dans des conditions si difficiles, et pourtant avec chevillée au cœur et à la tête, la foi en leur mission.

Monique Gracia

SANTE - Quelques chiffres parlants
(Source Banque Mondiale)

Lits d'hôpitaux pour 1 000 habitants (2010)
France : 5,70 - Madagascar : 0,20

Nombres de Médecins pour 1 000 hab. (2013)
France : 3,19 - Madagascar : 0,16

Dépenses de santé / an / hab. (2013)
France : 4800 dollars - Madagascar : 20 dollars

Natalité infantile pour 1 000 hab.
France : 12,3 - Madagascar : 37,5

Mortalité infantile pour 1 000 hab. (2015)
France : 4 - Madagascar : 50

Espérance de vie (source 2014)
France : 79,3 ans pour les hommes et 85,5 ans pour les femmes
Madagascar : 63 ans pour les hommes et 66 ans pour les femmes